12/10/2010

Jésus : vie publique

Il est traditionnellement dit que la vie publique de Jésus s'est déroulée entre l'âge de 30 et 33 ans. Cet âge de trente ans est probablement conventionnel, il correspond à la majorité légale de l'époque pour les juifs. Dire que « Jésus avait environs trente ans » quand il commença sa vie publique signifie simplement qu'il était reconnu comme majeur, mais n'interdit pas qu'il ait pu commencer son enseignement à un âge en réalité plus avancé. De même, la durée de cette vie publique n'est pas connue avec certitude, la durée de trois ans généralement retenue n'étant qu'une estimation, fondée sur le nombre de fois où sont citées les principales fêtes juives qu'il observe pendant cette période. En tout cas, sa vie publique se déroule avant qu'il n'ait atteint l'autre âge canonique de cinquante ans, puisqu'il n'entre pas dans cette catégorie des « anciens ».

Les lieux cités dans les évangiles situent son action de part et d'autre de la mer de Galilée, principalement en Galilée (dont il est ressortissant) et dans la Décapole, avec quelques passages en Phénicie (Tyr et Sidon) et en Trachonite (Césarée de Philippe). Il semble qu'il soit à cette époque considéré comme un habitant de Capharnaüm . Il se rend également en Judée, généralement pour aller à Jérusalem à l'occasion de fêtes juives ; mais on peut noter un séjour plus prolongé en Judée au début de sa vie publique, alors qu'il était considéré comme un disciple de Jean le Baptiste.

Les pays à population juive de l'époque étaient la Galilée et la Judée, séparées par la Samarie dont les habitants étaient considérés comme non-juifs. Jésus est perçu comme un étranger en Judée : l'accent des galiléens les fait reconnaître, et il y suscite une franche hostilité  de la part des judéens (parfois désignés par le terme juifs alors que les galiléens sont également des pratiquants de la loi de Moïse).

La chronologie de cette période de vie publique est extrêmement confuse : les évangiles synoptiques présentent les épisodes parallèles dans des ordres parfois différents, ce qui interdit évidemment d'interpréter le déroulement de l'un ou l'autre des récits comme celui d'une logique purement temporelle. On considère néanmoins que c'est le baptême de Jésus par Jean le Baptiste qui marque l'ouverture de son activité publique.

Jésus se fait connaitre localement, dans un premier temps comme guérisseur thaumaturge. Dans l'exercice de cette activité, sur laquelle il fonde la légitimité de son enseignement et qui attirait les foules autour de lui, on peut noter des modes opératoires variés, en comparant par exemple la guérison en trois étapes de l'aveugle de Bethsaïde, et celle - à distance et d'une seule parole - de Bar Timée à Jéricho, ou bien celle qui s'effectue par une prière intense et le jeune, dans le cas d'un démon particulièrement rétif.

Ces pratiques thérapeutiques, dont le fondement est d'ordre religieux puisque les maladies étaient alors perçues comme la sanction divine des péchés, étaient répandues dans le monde gréco-romain et parmi les rabbis juifs dont Jésus reproduit parfois des gestes thérapeutiques connus. La pratique de Jésus se distingue néanmoins par le nombre de miracles rapportés et dans le refus par leur auteur de se les voir attribués : Jésus se présente comme le vecteur de Dieu, en opérant dans le présent les guérisons espérées dans le cadre eschatologique juif. Outre les miracles thérapeutiques, Jésus pratique également des exorcismes, des prodiges, des sauvetages ou des miracles exemplatifs de son interprétation de la Loi juive.

Les évangiles insistent souvent plus sur la confiance des bénéficiaires de miracles qu'ils ne s'attardent sur le détail des manipulations. Jésus présente les miracles comme une anticipation de l'accès au bonheur éternel auquel a droit chaque humain, y compris les plus pauvres. L'évangile selon Marc rapporte que c'est ce pouvoir d'opérer guérisons et prodiges qui aurait été transmis à ses disciples, plutôt que la capacité de communication avec la divinité.

Les textes révèlent à cet égard un comportement général de Jésus fait de bienveillance, tourné vers les gens, particulièrement ceux plongés dans une situation personnelle ou sociale méprisée et difficile : les femmes, particulièrement les veuves, les malades, les lépreux, les étrangers, les pécheurs publics ou les collecteurs de l'impôt romains. Cette façon d'être, associée à une dénonciation de l'hypocrisie et de toute forme de mensonge, lui attirera inévitablement nombre d'admirateurs en provoquant simultanément de l'hostilité.

 

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16:56 Écrit par Esprit Solstice dans general | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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