12/10/2010

Notre Seigneur

Notre Seigneur

 

Seigneur, Κύριος, Kúrios, est employé pour désigner Dieu, comme dans la Septante où il traduit le tétragramme יהוה    , YHWH. Il a le sens de « maître », celui qui, dans l'Antiquité, disposait légalement d’un bien, que ce soit une chose, un animal ou un homme. L’araméen מרא  , mara, a la même signification et se retrouve dans l’expression Marana tha, « Seigneur, viens ! ».

Le Seigneur est celui dont on reconnaît l'autorité, et dont on implore la faveur ou le pardon. C'est cette désignation qui est à l'origine du Kyrie.

Pour un chrétien, cette désignation est un engagement très fort. La désignation de Jésus comme « le Seigneur » signifie immédiatement qu'il le reconnaît comme maître et se place en position de disciple: c'est celui dont on suit les enseignements. Mais cette désignation s'inscrit également dans le contexte biblique : quand la Bible traduit יהוה par « le Seigneur » (pris absolument), cela signifie également que le seul Seigneur est יהוה, et que le croyant ne doit soumettre sa liberté personnelle, de façon absolue, à aucun pouvoir terrestre, « car un seul est votre maître, et vous êtes tous frères ». Le Seigneur n'étant pas un pouvoir terrestre, cette désignation traduit implicitement que le chrétien reconnaît dans Jésus une nature divine, celle du Christ et du Fils de Dieu. L'affirmation publique de Jésus-Christ comme Seigneur est également une référence à 1Co 12. 3 : « nul ne peut dire: Jésus est le Seigneur! si ce n'est par le Saint Esprit. »

De plus, aux premiers temps du christianisme, le terme Kyrios désignait l'empereur, qui se faisait respecter comme un dieu et qui était divinisé après sa mort. Déclarer que « Jésus est le seul Seigneur », en refusant cette divinisation du pouvoir, était compris comme un acte d'insoumission politique, qui pouvait conduire à la condamnation et au martyr.

Qui vit

Pour le chrétien, le Christ reste aujourd'hui « le vivant » par excellence, celui qui peut dire « Je fus mort et me voici vivant pour les siècles des siècles » (Re 1. 18). C'est au titre d'intercesseur que la prière l'évoque en tant que personne vivante qui est « notre avocat auprès du Père » (1Jn 2. 1), « étant toujours vivant pour intercéder en notre faveur » (He 7. 25).

Dans le christianisme, l'annonce de Jésus-Christ est indissociable de celle de la Résurrection et de l'Ascension. La nature de ces phénomènes que les évangiles rapportent est un Mystère, qui n'est pas accessible à l'observation, parce que ces évènements ont été uniques. Ils ont été compris par leurs témoins, à la fois comme une manifestation de la vie éternelle, et comme leur apportant la certitude que Jésus y avait accédé:

« Si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine » (1Co 15. 13-23)

De plus, tout en étant « le Vivant » par excellence, le Christ est aussi considéré par les chrétiens comme le « premier-né d'entre les morts » (Col 1. 12-18): sa vie éternelle est l'accomplissement de la nature humaine, le prémisse de celle que Dieu promet aux hommes.

Et règne

Le règne du Christ n'est pas manifeste, dans un temps où c'est plutôt « le prince de ce monde » qui domine, et donne la puissance et la gloire des royaumes, « car elle m'a été donnée et je la donne à qui je veux »

Le règne du Christ porte sur ses fidèles, ceux qui le reconnaissent comme « Seigneur »:

« le Christ, afin d'accomplir la volonté du Père, a inauguré ici-bas le royaume des cieux, nous a révélé le mystère du Père et, par son obéissance, a opéré la rédemption. L'Église, qui est 1e royaume du Christ déjà présent sous une forme mystérieuse, croît visiblement dans le monde grâce à la puissance de Dieu. Ce commencement et cette croissance sont signifiés par le sang et l'eau qui sortent du côté de Jésus crucifié (cf. Jn 19, 34) et annoncés par les paroles du Seigneur concernant sa mort en croix : « Et Moi, quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à Moi » (Jn 12, 32 gr.). Chaque fois que le sacrifice de la croix, par lequel « le Christ, notre Pâque, a été immolé » (I Cor. 5, 7), est célébré sur l'autel, l'œuvre de notre rédemption se réalise. » (Lumen Gentium, §3)

De manière secondaire, le Christ est considéré comme régnant sur la création, son autorité se manifestant par ses miracles.

 

798px-Christus_statue_temple_square_salt_lake_city.jpg

 

 

17:14 Écrit par Esprit Solstice dans general | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.