19/02/2011

L'Intelligence collective

L'Intelligence collective

 

L'intelligence collective désigne les capacités cognitives d'une communauté résultant des interactions multiples entre des membres (ou agents). Les éléments portés à la connaissance des membres de la communauté font qu'ils ne possèdent qu'une perception partielle de l'environnement et n'ont pas conscience de la totalité des éléments qui influencent le groupe. Des agents au comportement très simple peuvent ainsi accomplir des tâches apparemment très complexes grâce à un mécanisme fondamental appelé synergie. Sous certaines conditions particulières, la synergie créée par la collaboration fait émerger des facultés de représentation, de création et d'apprentissage supérieures à celles des individus isolés. L'étude de l'intelligence collective implique aussi l'étude des limites des interactions entre membres d'un groupe, limites qui conduisent à des erreurs collectives parfois catastrophiques.

Les formes d'intelligence collective sont très diverses selon les types de communauté et les membres qu'elles réunissent. Les systèmes collectifs sont en effet plus ou moins sophistiqués. Les sociétés humaines en particulier n'obéissent pas à des règles aussi mécaniques que d'autres systèmes naturels, par exemple du monde animal. Pour les plus simples les caractéristiques sont :

  • Une information locale et limitée : chaque individu ne possède qu'une connaissance partielle de l'environnement et n'a pas conscience de la totalité des éléments qui influencent le groupe.
  • Un ensemble de règles simples : chaque individu obéit à un ensemble restreint de règles simples par rapport au comportement du système global.
  • Les interactions sont multiples : chaque individu est en relation avec un ou plusieurs autres individus du groupe.
  • La structure émergente est utile à la collectivité : les individus trouvent un bénéfice à collaborer (parfois instinctivement) et leur performance est meilleure que s'ils avaient été seuls.
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Intelligence collective dans les sociétés humaines :

Une communauté d'intérêts

Une libre appartenance :

  • Une adhésion fondée sur des buts communs.
  • Une confiance mutuelle entre les membres.

Une structure horizontale :

  • Des règles (tacites ou explicites) identiques pour tous les membres.
  • Une organisation dynamique : la répartition des rôles est fondée sur le volontariat et la complémentarité des compétences.

Une gestion collective :

  • Autonomie des membres : chacun est responsable de sa propre action.
  • Les décisions stratégiques sont basées sur le vote ou sur le consensus.

Un espace collaboratif

Des outils de coopération :

  • Un réseau de communication permettant l'interaction entre tous les membres.
  • Des interfaces facilitant la coordination des actions : procédures, normes, standards.

Un système d'information

  • Un accès total et en temps réel à l'information pour l'ensemble de la communauté.
  • Une vue synthétique et contextuelle de la situation pour chaque membre.

Un processus d'apprentissage

  • Un système de régulation : évaluation, contrôle, optimisation, correction des erreurs.
  • Constitution d'un corpus de connaissances : archivage, indexation de l'information.
  • Partage d'expériences et de pratiques, émergence d'une conscience commune.

Limites de l'intelligence collective dans les sociétés humaines

De nombreux cas de défaillances sont connus en ce domaine. Par exemple,

  • les décisions de groupe, où les membres n'osent pas dire ce qu'ils pensent,
  • l'acceptation passive d'un état de fait dont l'individu se doute qu'il mène à une catastrophe (ex : fusée Challenger),
  • les discussions sur les choix et les conséquences des décisions souvent confuses et ne menant à rien ;
  • l'avis des experts sans conséquence face à l'opinion d'un groupe dont les individus se trompent,
  • les votes démocratiques qui portent un dictateur à la tête de l'État ;
  • les représentations collectives qui norment les comportements aux détriments d'une classe ou d'une autre.

L'intelligence collective est ainsi limitée par des effets de groupe (conformisme, crainte, fermeture, absence de procédure, homogénéité idéologique), au point que l'individu seul peut parfaitement être plus intelligent que tout un groupe car il conserve mieux sa pensée critique seul que sous l'influence du groupe.

A noter par ailleurs que la notion d'intelligence s'applique aux facultés cognitives, voire émotionnelles, d'un individu. L'application de cette notion à un groupe ne peut avoir le même sens, car il est impossible de dire où émergeraient des facultés de représentation, de création et d'apprentissage supérieures à celles des individus isolés.

Selon Christian Morel, il est ainsi, en général, impossible à un groupe de rédiger un "document d'information clair et pertinent" (in "Prend-on de meilleures décisions à plusieurs ?", Sciences Humaines, mars 2006), ce qui exprimerait le fait que la notion de représentation collective est vague, voire inconsistante.

Toutefois, les critiques ci-dessus s'appliquent plus au travail collaboratif de type humain qu'à l'intelligence collective de type fourmi (Intelligence distribuée). Toute personne peut se faire une opinion propre.



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11:30 Écrit par Esprit Solstice dans general | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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